Plateforme Haïti.be
Carte blanche au monde politique
Lundi, 28 Juin 2010 15:01
Envoyée le 7 juin 2010
« Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette. »
[Confucius]
12 janvier 2010, des millions d’Haïtiens sont confrontés à un tremblement de terre qui, en quelques secondes, détruit des quartiers entiers de Port-au-Prince, de Jacmel, de Petit-Goâve…
Le monde entier découvre les images terribles de ces amoncellements de béton, ces cadavres entassés le long des rues de poussière, ces enfants au regard perdu.
On parle de plus de 300.000 morts, de milliers de blessés, de millions de déplacés, de sans-abri.
Plus de 80 % des écoles de Port-au-Prince sont détruites. Les gens dorment dans la rue de peur d’être enseveli lors d’une réplique.
La mobilisation internationale est immédiate. Les gouvernements envoient hommes et matériel pour sauver quelques vies brisées, pour soigner les plaies béantes d’une population qui ne peut plus imaginer l’avenir.
Notre Ministre de la Coopération au développement, Charles MICHEL, rappelle, dès le 19 janvier, qu’après la phase d’urgence, il faut déjà songer à la seconde phase de l’aide à Haïti: la reconstruction à long terme.
Charles MICHEL insiste sur la nécessité de donner la possibilité aux Haïtiens de prendre eux-mêmes en main la reconstruction de leur pays.
Il attire encore l’attention de la communauté internationale sur la nécessité de réfléchir à la meilleure façon de coordonner l’aide internationale et de lier cette aide au renforcement des principes de bonne gouvernance des autorités haïtiennes.
Sous l’assentiment général du monde politique, la Belgique promet alors d’aider à la reconstruction d’Haïti à concurrence d’un montant de 20 millions d’euros débloqué dès 2011 sur une période de trois ans.
Le ministre souhaite que cette aide soit dirigée vers le développement rural et vers l'aide aux enfants.
Aujourd’hui, de nombreuses associations actives depuis plusieurs années en Haïti, se sont mobilisées et engagées pour soutenir leurs partenaires haïtiens. La plupart sont regroupées au sein de la Plateforme Haïti.be, créée en 2009. Elles comptent sur le respect des engagements du monde politique pour pouvoir mener leurs projets qui doivent nécessairement s’inscrire dans le long terme.
Depuis, un séisme politique, annoncé, a secoué nos institutions et le gouvernement est en affaires courantes.
Après le verdict des urnes, nos nouveaux élus devront s’entendre pour former un nouveau gouvernement.
Cela peut prendre des semaines, des mois, …
Mais que restera-t-il des promesses faites aux Haïtiens ?
Sombreront-elles au nom de la crise, des crises, qui font trembler notre pays ?
Allons-nous refermer les yeux (et le portefeuille) après avoir promis aux haïtiens et singulièrement à ses enfants d’autres lendemains que ces camps de toiles sordides qui s’envoleront au premier cyclone venu ?
Allons-nous regarder de loin, par la fenêtre de nos télévisions ou de nos journaux, un peuple haïtien forcé de déblayer des ruines avec une pelle, une brouette ?
Allons-nous laisser des milliers d’enfants désœuvrés, sans école, parmi les ruines ?
Les associations, fortes des engagements du gouvernement, ont redoublé d’efforts depuis le séisme pour permettre à leurs différents partenaires en Haïti d’imaginer un avenir à leur projet et, au-delà, à l’ensemble de la population Haïtienne.
Ces ONG et ASBL doivent-elles suspendre leur travail dans l’attente de la constitution d’un nouveau gouvernement ?
Doivent-elles craindre que le nouveau ministre de la Coopération au Développement fasse table rase des promesses de son prédécesseur au nom d’une nouvelle politique du développement ou d’économies budgétaires ?
La situation d’Haïti exige dès aujourd’hui le respect de la parole donnée.
Elle nécessite un engagement ferme et non équivoque de toutes les formations politiques qui se présentent devant les électeurs de respecter les engagements pris dans les délais annoncés.
Allons-nous, pour cause d’élection, refermer la parenthèse solidaire qui a vu la population belge faire preuve d’une générosité exceptionnelle, créative, attentive, émue ?
Si tous les belges se sont mobilisés pour aider Haïti, cette mobilisation doit se poursuivre par l’engagement de tous les partis de respecter la promesse faite aux haïtiens.
La dette, aujourd’hui, a changé de camp.
Cécile Nuyt, Présidente
*ADESH, ADI, AKTINA, AMIS DE HAÏTI, ANTHOONS DESNEUX, CSC, CENTRE CULTUREL DU BRABANT WALLON, CHRISTINE SAINVIL, CIDeCS Haïti-Belgique, CODÉART, COEURS DU SUD, CUBIA, DYNAMO INTERNATIONAL,ÉCHANGES ET SYNERGIE, Enfants Haïtiens Belgium AID, ENTRAIDE ET FRATERNITÉ,"ESV-HAÏTI Éduquer sans Violence", FARNIÈRES-HAÏTI ASBL, FGTB Namur, GEOMOUN, HAÏTI-GUATEMALA-LA SOURCE, LEGRAND-TASIAUX, IFAPME, LOGISTIQUE SANS FRONTIÈRES, LUTHIERS SANS FRONTIÈRES, MÉDECINS DU MONDE, "MATM Mouvement d'actions à Travers-Monde", PAUL ROGER, PROACTION & DÉVELOPPEMENT, SARAH GRANDFILS, SOLEY LEVE, SOLIDARITÉ MONDIALE (CSC), SOS HAÏTI, SOURIRES D'ENFANTS, TERRES NOUVELLES, UNIVERSITÉ DE MONS, VOLENS-ROMSÉE.
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